Soldats romains en uniformes

 

 

L'ARMÉE EN MARCHE :

Lorsque l'armée romaine fait mouvement assez loin de l'ennemi, il y a un ordre de marche à peu près immuable. En pays ennemi, la troupe délègue, très en avant, de petits groupes d'éclaireurs qui utilisent les renseignements recueillis par les espions. Quand une attaque ennemie est possible, l'armée avance en agmen quadratum (formation en croix). Le légionnaire en marche est lourdement chargé (environ 40kg). Son sac comporte gamelle, effets personnels, outils pour le camp, et 17 jours de vivres. Parfois, lors de certaines expéditions, on allège le bagage du soldat. L'étape est d'environ 25 Km, mais il y a souvent des marches forcées. Le porte-enseigne (signifer) est en tête de colonne, et c'est à lui que les commandements d'arrêt ou de marche sont transmis.

 

 

LE CAMP, UN BIVOUAC FORTIFIE :

 

Le camp est construit chaque soir à l'étape. Il sera plus soigneusement organisé lorsque l'armée y passera tout l'hiver. Le camp peut même devenir permanent, en fonction des événements. Autour du camp se forment alors des agglomérations urbaines. Les caractéristiques du camp restent toujours les mêmes. Il est en hauteur, à proximité d'un point d'eau, de fourrages et de prairies. Les officiers et les augures choisissent d'abord l'emplacement, d'après les indications du général, puis un augure trace l'enceinte correspondant au temple céleste : 2 grandes lignes perpendiculaires sont tracées (ces rites sont semblables à ceux de la fondation d'une ville), dans l'intervalle desquelles les troupes dressent les tentes. Ensuite, tous les soldats, alignés côte à côte sur les limites extérieures du camp, creusaient un fossé, rejetant la terre pour former un talus d'une hauteur égale à la profondeur du fossé. Sur ce rempart était disposée une palissade de pieux ou de claies tressées, parfois munie de créneaux. Les 2 grandes lignes aboutissent à 4 portes: la porta praetoria du côté de l'ennemi; la porta decumana à l'opposé; à droite et à gauche, la porta dextra et la porta sinistra. Des voies secondaires, se coupant également à angle droit, subdivisaient les quatre grands secteurs. Non loin de la porta praetoria était placé le praetorium, la tente du général, devant laquelle les aigles étaient fichées en terre; autour étaient le forum, ou place de rassemblement, et le quaestorium, trésor et magasin. Derrière se trouvaient l'autel et les tentes des officiers supérieurs, lieutenants et tribuns. Puis les légions, au centre, les auxiliaires, tout autour, campaient, alignés en six rangs perpendiculaires à la voie principale, qui menait de la porte de droite à la porte de gauche. Le forum, le tribunal et les baraquements sont toujours rigoureusement installés à la même place, afin de permettre l'organisation rapide du camp à chaque étape. Dans les tentes, groupées en rectangles allongés, les hommes conservent leur ordre de bataille. Un camp de légion occupe 45 hectares (environ 550 m par 800 m). Tout autour du camp, entre le retranchement et les tentes des troupes, était laissé un vaste espace libre mettant les tentes à l'abri des traits ennemis et permettant une circulation sur les quatre faces en cas d'attaque. En dehors de chacune des quatre portes, des corps de gardes assuraient la surveillance et la protection du camp. Telle était la disposition générale du camp romain, qui devait constituer à la fois un refuge sûr en cas d'attaque ennemie et une base solide pour une offensive, ou pour une retraite. Les familles des légionnaires pouvaient y habiter, et les habitants de la région venaient souvent s'installer à proximité pour faire du commerce ou chercher protection.

Le camp romain, un bivouac fortifié.

 

 

LES COMBATS TERRESTRES :

 

L'armée du roi SERVIUS TULLIUS (VIeme siècle avant JC) se présentait en phalange massive, sur 6 rangs de profondeur. A partir de la réforme de l'armée du dictateur CAMILLE (IVeme siècle avant JC), la disposition se fait plus rationnelle, la bataille se livre sur de petits fronts. Les légionnaires sont rangés au coude à coude, les corps alliés flanquent les légions romaines et la cavalerie est aux 2 ailes, avec les éléments légers en avant. Chaque légion en ordre de bataille se présente sur 3 lignes en quinconce, articulées en manipules. Les manipules, divisées en centuries, se présentent eux mêmes sur plusieurs rangs. Ils sont séparés les uns des autres par des intervalles égaux à leurs fronts, de sorte que chacun puisse effectuer un repli sans affecter l'ensemble du dispositif. Le signal donné, les soldats lancent le javelot, puis on en vient au corps à corps. Les vétérans, en nombre 2 fois moins important que chacune des 2 lignes d'assaut, sont en position d'attente, le genou à terre. Ils ne sont engagés que si les 2 premières lignes ont été repoussées. Parfois, l'armée doit recourir à des formations savantes comme le cuneus (quelques braves entraînent une colonne, dont les rangs s'élargissent au point de former un angle aigu) ou l'orbis (les soldats font le cercle pour résister de tous les cotés). A la fin de la république (fin du IIeme siècle avant JC et Ier siècle avant JC), alors que les campagnes militaires se déroulent sur des champs de bataille très différents les uns des autres, MARIUS puis CESAR, améliorent les techniques du combat légionnaire en les dégageant de la formation stéréotypée de la tactique manipulaire et en disposant leurs troupes en fonction des conditions géographiques. On se met à développer les attaques sur le coté et en encerclement, toute la légion n'est plus sur le champ de bataille, mais des troupes sont gardées en réserve à distance respectable. Enfin on fait de plus en plus souvent appel à des bataillons étrangers spécialisés comme les archers et les frondeurs qui permettent de déstabiliser l'ennemi. Pendant l'Empire, le rôle de la cavalerie dans les combats est renforcé, car les romains doivent affronter des ennemis réputés comme excellents cavaliers, tels les Barbares, les Parthes, les peuples d'Afrique et d'Asie. C'est la raison pour laquelle, à partir du IIeme siècle, on voit apparaître dans la légion une cavalerie lourde dont les hommes portent une cuirasse comme les fantassins. Ces cuirassiers ou cataphracti constituent alors les ailes de la légion en ligne de combat.

 

 

LE SIÈGE DES VILLES :

 

Pour les romains, le siège signifie la mise en place de moyens considérables et des règles savantes d'encerclement de la ville. Les machines de siège sont multiples et sophistiquées, depuis le simple bélier destiné à enfoncer portes ou murailles, jusqu'aux machines perfectionnées pour lancer des projectiles (dont le principe moteur est fourni par la torsion d'un faisceau de fibres) pierres ou traits, tels les catapultes, les balistes, les onagres, les scorpions, chacun d'entre eux ayant des caractéristiques techniques différentes qui leur permettent de s'adapter aux conditions particulières de chaque siège. Les romains utilisent aussi des armes incendiaires destinées à faire brûler la cité en restant à l'extérieur. Des tours mobiles et des panneaux montés sur roues abritent les légionnaires qui peuvent ainsi s'approcher de très près des murailles. Pendant l'Empire, chaque légion dispose environ de 50 catapultes servies par des artificiers spécialisés. Pendant le siège, les romains sont établis dans des camps fortifiés à quelque distance de la ville. Parfois ils construisent des rampes d'assaut qui leur permettent de s'approcher des murs ennemis. Ainsi de nos jours, à Massada, près de la mer morte, on voit encore la rampe longue de 209m et haute de 91m que les romains ont édifiée lors de la guerre des Juifs en 70. Lorsque les légionnaires doivent s'avancer vers la ville à découvert, ils adoptent la formation célèbre de la tortue, en mettant leur bouclier au dessus de leur tête, ce qui forme pour l'ensemble de la cohorte une carapace fort solide que ne peuvent percer les projectiles des assiégés.

La catapulte est la plus grosse machine de jet. Elle lance à grande distance des produits enflammés, des grosses pierres et des boulets de plomb de plus de 100 kilos. Elle se compose d'une poutre en bois portant à une extrémité une poche de peau dans laquelle est logé le projectile. De gros câbles qui s'enroulent sur une sorte de treuil, permettent d'abaisser cette poutre et de tendre la corde d'un arc placé au sommet de la machine. On lâche alors brusquement les câbles, la poutre vient buter contre une grosse barre et le projectile jaillit avec violence de la poche.

L'onagre est une machine de jet semblable à la catapulte, mais de dimensions plus réduites. Il est facilement transportable sur le champ de bataille. Il lance des projectiles à 30m de distance et à près de 40m de haut.

 

La baliste ressemble à la catapulte, mais elle est construite pour que le projectile suive une trajectoire en arc de cercle et vienne retomber derrière les murailles contrairement à la catapulte.

 

La tour mobile permet d'approcher des remparts de la ville assiégée. Elle est en bois, montée sur des roues, on peut l'amener facilement à proximité des remparts, qu'elle domine généralement. Les soldats, placés tout en haut peuvent observer la ville pour découvrir ses points faibles et les cribler de flèches. La tour mobile est composée de plusieurs étages : le plus haut est muni d'un pont-levis que l'on abaisse au moment opportun, pour que les soldats puissent pénétrer dans la ville.

La vinea : les soldats qui doivent se rendre dans les tours avancent à l'aide des vineae, sortes de baraques roulantes en bois, au toit incliné. Des peaux mouillées les recouvrent entièrement, afin de les protéger des projectiles enflammés du toit lancés du haut des murailles.

La tortue : elle ressemble aux vineae, mais en plus grand. La tortue a pour objet de protéger les soldats pendant qu'ils creusent des galeries souterraines au pied des remparts. Elle abrite aussi les machines d'assaut appelées faux murales qui servent à faucher les remparts : leurs pointes de fer déchaussent pierres et poutres, et ouvrent ainsi des brèches.

Le bélier est la plus puissante machine d'assaut de l'armée romaine, utilisée pour démolir portes et murailles. Il se compose d'une lourde poutre en bois munie à une extrémité d'un bloc de fer ou de bronze en forme de tête de bélier, et maintenue par une ou plusieurs chaînes. Des soldats la font osciller et la tête vient frapper avec force le point attaqué. Certains béliers atteignent 60 mètres de long et nécessitent plus de 200 hommes pour les manier.

 

 

LES COMBATS NAVALES :

 

Deux tactiques de combat sont employées par la marine romaine. Les romains se sentant plus vulnérable en mer, ils mirent au point un dispositif d'abordage pour rapprocher le combat naval du combat de terre : le corvus, une passerelle d'abordage articulée, fixée à la proue du bateau. Une fois le corvus abattu, les soldats déferlaient sur le navire ennemi en formation serrée, protégés de tous cotés par leurs grands boucliers. Sur le pont, étaient disposées des pièces d'artillerie qui projetaient des flèches ou des pierres. Les romains faisaient aussi usage de projectiles inflammables. Des tours permettaient de dominer l'ennemi au moment de l'abordage. La 2eme tactique de combat navale était de tenter de couler le navire ennemi en l'éperonnant. Les navires de guerre romain étaient armés d'éperons de bronze ou rostres, fixés à la proue, qui permettaient de faire une brèche dans le flanc du navire ennemi et de le couler.

 

 

 

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