Centurion (avec une dolabra à sa main droite, outil servant à l'édification des retranchements), Sonneur de cor et Signifer.

 

 

L'ARMÉE IMPÉRIALE ROMAINE :

 

L'armée impériale est une armée de métier. Le nombre d'hommes que l'armée Romaine entretenait était d'environ 330 000 hommes (165 000 légionnaires et 165 000 auxiliaires).

 

La hiérarchie de l'armée impériale Romaine : L'Empereur est le général en chef qui a sous ses ordres toutes les forces militaires composant l'armée. Les préfets de camps administrent les camps fixes installés sur les frontières. Chaque préfet a donc plusieurs légions à administrer, et il commande les réserves qui demeurent au camp pendant les combats. Les officiers d'état-major sont les légats (général d'armée) et il y a 1 légat par légion. Pour chaque légion il y a 6 tribuns militaires (titre honorifique sous l'Empire) qui sont des officiers supérieurs choisis par l'Empereur et 59 centurions. Chaque centurion (officier subalterne) avait pour adjoint 1 optione (sous-officier) et un groupe de sous-officiers (le porte-enseigne ou signifer, l'instructeur ou campidoctor, le préposé aux subsistances ou pecuarius, l'architecte, le médecin militaire, un tesserarius qui chaque nuit recevra le mot de passe inscrit sur une tablette (tessera), le chef de musique et ses musiciens, des sonneurs de cor ou de trompette qui annonceront les exercices, les tours de gardes, le réveil et l'extinction des feux.). Dans chaque cohorte, le 1er centurion, ou pilus prior, commande sa centurie et l'ensemble de la cohorte. L'insigne des centurions est le cep de vigne. De la même manière, toute unité auxiliaire a un chef, des centurions (dans l'infanterie) ou des décurions (dans la cavalerie).

Auxiliaire de légion.

 

La légion impériale : Les légions sont au nombre de 28 sous l'Empereur AUGUSTE et jusqu'à 33 sous le règne des SEVERE. Une légion varie de 5000 hommes à 6000 hommes répartis dans 10 cohortes (1 cohorte = environ 600 hommes) de 6 centuries chacune (1 centurie = environ 100 hommes). Chaque homme appartient à une centurie. 2 centuries forment une manipule, reconnaissable pendant le combat à son étendard et 6 centuries constituent une cohorte. Les cohortes sont numérotées de I à X (la Iere est la plus prestigieuse ). A chaque légion est attaché un corps de cavalerie d'environ 120 hommes (et jusqu'à 300). Le corps d'élite est la légion. Elle se voit adjoindre des troupes légères et mobiles recrutées dans les Provinces (les auxiliaires), et des troupes recrutées à la frontière de l'Empire et qui conservent leurs armements et leurs usages de combats (les numéri). Les soldats s'engagent dans la légion pour une durée de 20 ans pour les légionnaires ou de 25 ans pour les auxiliaires. Le recrutement des légions se fait surtout parmi les provinciaux qui, depuis AUGUSTE, y trouvent toute une série d'avantages : solde importante (de 150 deniers à 500 deniers par an) augmentée de primes diverses, une retraite (attribution d'une somme de 3000 deniers et de portions de terrains) et pour les soldats des auxiliaires le droit de cité en fin de service.

Légionnaire armé de son pilum.

 

Les cohortes prétoriennes : Elles dérivent de la garde d'honneur du général et deviennent la garde personnelle de l'Empereur. Corps d'élite formé en principe d'italiens éprouvés, les cohortes prétoriennes prendront souvent une importance considérable dans la proclamation des Empereurs. Les effectifs varieront de 5000 soldats à 10 000 soldats qui sont répartis au sein de 10 cohortes prétoriennes. Chaque cohorte est divisée en 10 centuries d'infanteries flanquées chacune d'une turme de cavalerie. L'encadrement est effectué par 2 préfets du prétoire, des tribuns, et des centurions assistés d'optiones. La solde du soldat est élevée (500 deniers par an) et le service n'est que de 16 ans.

 

Les cohortes urbaines : Ce sont des milices de citoyens romains pour veiller à la garde de la cité. Leur nombre est de 4 à Rome (6000 hommes), une à Lyon et une à Carthage. L'encadrement est effectué par 1 préfet de la ville, et de 4 ou 6 tribuns. La solde du soldat est de 250 deniers par an et le service est de 20 ans. Les miliciens des cohortes urbaines sont considérés comme inférieurs aux prétoriens mais supérieurs aux légionnaires.

 

Les cohortes de vigiles : Ce sont des milices composées d'esclaves puis d'affranchis pour lutter contre les incendies. Pour faciliter le recrutement, le droit de cité est accordé aux vigiles après 6 ans de service (plus tard 3 ans seulement). L'effectif des cohortes de vigiles est de 7000 hommes. Le nombre des cohortes de vigiles est de 7 (à Rome qui est divisée en 14 régions (chaque cohorte de vigiles surveille 2 régions). Chaque cohorte est divisée en 7 centuries. L'encadrement est effectué par 1 préfet des vigiles, et de tribuns. Chaque centurie comprend plusieurs sections spécialisées comme l'alimentation en eau, la manoeuvre des pompes, l'extinction des incendies au moyen de couvertures imbibées de vinaigre, la manoeuvre de matelas destinés à amortir la chute des sinistrés, ou la protection des prisons, des magasins et des thermes.

 

Enseigne de légion romaine.

 

La cavalerie : Au début de l'Empire, la cavalerie fut organisée en régiments ou alae de 500 hommes. Puis, comme dans l'infanterie, des unités de 1000 hommes furent créées à la fin du Ier siècle après J.C. Ces alae étaient divisées en turmae de 30 à 40 hommes. Chaque turma était commandée par un décurion. Les alae étaient commandées par des préfets. La cavalerie n'était pas le fort de l'armée romaine. Elle fut souvent battue par des ennemis possédant une meilleur force montée. Les Romains n'étaient pas bons cavaliers, leur cavalerie fut donc surtout composée d'alliés. La cavalerie romaine se compose de 4 corps différents : les cohortes mixtes (1/4 de cavaliers pour 3/4 de fantassins, combattants mêlés), la cavalerie légionnaire (120 à 300 citoyens par légion), la cavalerie des ailes (engagés volontaires citoyens et provinciaux), et les corps indigènes (unités qui ne sont pas permanentes).

 

La marine romaine : Le modèle du navire de guerre était la galère, un bateau à rames. Les premiers navires romains furent des quinquirèmes (galères à 5 rangs de rames) inspirées des navires carthaginois. Une flotte permanente est créée sous AUGUSTE qui sert à la police navale, à la protection des convois de ravitaillements, et au convoyage des hommes et des matériels lors des expéditions orientales, mais jamais ces flottes n'auront à livrer de batailles rangées. Cette marine romaine comprend 8 escadres (Misène et Ravenne en Italie, Fréjus en Gaule, Bretagne, Libye, Alexandrie, Syrie, Pont) et 3 flottilles (Rhin, Lac de Constance, Danube). Les navires sont des vaisseaux longs (2,3,4,5 ou 6 rangs de rameurs avec éperon), des navires de transports (environ 100 hommes par bateau) et des avisos (petits navires de guerre chargés de porter des paquets, des ordres, ou des avis). Les Romains se sentant plus vulnérable en mer, ils mirent au point un dispositif pour rapprocher le combat naval du combat de terre : le corvus, une passerelle d'abordage articulée, fixée à la proue du bateau. Une fois le corvus abattu, les soldats déferlaient sur le navire ennemi en formation serrée, protégés de tous cotés par leurs grands boucliers. Sur chaque navire, il y a un capitaine, un pilote, des décurions et des soldats. Les rameurs sont des esclaves. On compte 300 rameurs et 120 soldats sur un bateau. Les romains savaient construire des navires exceptionnels par leur volume, leurs qualités lors des manoeuvres, et leur armement. Les vaisseaux de guerre romains ont été les plus gros que l'Antiquité ait connue, mais aussi les plus solides : les architectes des arsenaux faisaient d'abord installer les poutres transversales et les membrures, puis les planches latérales qui étaient assemblées l'une contre l'autre, bord à bord. Les navires de guerre romain étaient bien armés : un éperon en bronze, installé sous l'étrave, permettait de détruire tout navire ennemi qui était heurté de flanc. Sur le pont, étaient disposées des pièces d'artillerie qui projetaient des flèches ou des pierres. Les Romains faisaient aussi usage de projectiles inflammables. Des tours permettaient de dominer l'ennemi au moment de l'abordage. Chaque navire recevait, en plus de son équipage, des troupes qui pouvaient intervenir depuis le pont du navire, et qui servaient de forces de débarquement. La flotte de guerre aura un rôle essentiel au IIIeme siècle, en garantissant la sécurité des mers, face à la recrudescence de la piraterie, et en assurant rapidement les transports de troupes qui deviennent vitaux pour l'Empire. Les soldats s'engagent pour 26 ans au bout desquels les non-citoyens reçoivent le droit de cité. Le recrutement s'effectue essentiellement parmi les provinciaux. Le commandement de chaque escadre revient à un praefecti (amiral) qui est souvent un chevalier, mais il peut être aussi un affranchi. Les officiers de marine sont peu considérés. Un commandant d'un bateau de la marine, le triérarque, est assimilé au centurion de l'armée de terre.

Fresque du temple d'Isis à Pompéi représentant un navire de guerre romain.

 

Le soldat et son équipement : Une armée avançait de 25 à 30 km par jour, cependant cette distance pouvait tripler lors des marches forcées. L'équipement du soldat comprenait une cuirasse (lorica segmentata) protégeant le thorax, une tunique courte (vestitus) et une culotte courte : sur le côté droit, un glaive (gladius) suspendu à une courroie en bandoulière, sur la hanche gauche, un poignard (pugio). Une sorte de tablier (cingulum) était fixé à la ceinture, il était fait de lanières de cuir ornées de plaques métalliques qui s'entrechoquaient à chaque pas (afin de faire peur aux ennemis). Un bouclier (scutum), un casque (galeum), deux javelots (pilum) et des chaussures (caligae) faites d'une seule pièce de cuir (plus le lacet pour certains modèles), avec des semelles en triple épaisseur et un cloutage serré, complétaient l'armement. L'hiver le légionnaire portait des chaussettes en peau de lièvres ou de chats. L'équipement complet d'un soldat pesait entre 25 kg et 40kg.

LORICA SEGMENTATA
GLADIUS
PUGIO
SCUTUM
GALEUM
PILUM
CALIGAE

 

Les campements : Les conditions de vie des militaires étaient extrêmement variables. Dans les casernements, les soldats se partageaient à 8 des chambrées de 30 à 35 m2 comportant autant de couchettes que d'occupants, une table et un foyer. Les centurions disposaient, pour eux et pour leurs serviteurs d'une habitation de plusieurs pièces. Même un soldat pouvait posséder un esclave. Quand les légionnaires sont affectés quelque part de façon permanente, ils vivent dans une forteresse aux constructions en pierre. Les règlements de l'armée romaine stipulaient que même un campement provisoire devait être solide et bien protégé. Chaque soldat portait une pelle-bêche, car elle servait à creuser un fossé autour du camp. La terre était rejetée vers l'intérieur pour constituer un talus qui était ensuite couvert de gazon et surmonté d'une solide palissade de pieux. Dans le camp, les soldats et les officiers vivaient dans des tentes en cuir installées par rangées de 10. Des camps plus durables avaient la même forme générale carrée, cependant ils comportaient des bâtiments en bois ou même en pierre. Tous les camps romains comportaient des emplacements spécialement réservés aux étables, aux bagages et aux cuisines, situés si possible toujours au même endroit.

 

Le service : L'armée impériale devenue permanente connait des périodes d'inactivités. On les met à profit pour instruire les soldats et leur faire accomplir manoeuvres militaires et exercices : marches (3 fois par mois 30 kms avec l'équipement de campagne de 25 kgs, la moitié du parcours au pas, l'autre moitié à la course), abattages d'arbres et creusement de fossés, sports (saut, natation, équitation) et maniement d'armes. En outre, les soldats sont employés à des travaux aux frontières (fortifications) et à la construction de routes. Parfois, ils travaillent sur les chantiers publics et aident à élever aqueducs ou amphithéâtres.

 

La protection des frontières (le limes) : Au 1er siècle, les limes étaient des routes militaires jalonnées de postes fortifiés et destinées à favoriser d'éventuelles offensives en pays étrangers. Après le 1er siècle, les limes deviennent des frontières défensives. La grande majorité des effectifs militaires disponibles sont massés dans les provinces frontalières. Les légions sont toutes réparties le long du limes, à faible distance de la frontière, à l'exception de la VIIeme Gemina isolée en Tarraconaise à Legio, et de la IIeme Parthica à Albanum.

 

 

 

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