LA DYNASTIE DES FLAVIENS (69 à 96) :

 

TITUS FLAVIUS SABINUS VESPASIANUS dit VESPASIEN (né en 9, mort en 79). Empereur romain en 69 à l'âge de 60 ans. Né à Réate en Sabine, VESPASIEN est plus Italien que Romain, et la promotion sociale de sa famille a quelque chose de symbolique. Son grand-père et son père furent officiers subalternes puis versés dans les finances. VESPASIEN est un homme de goûts simples qui avait réussi une brillante carrière. Il était robuste et carré, sérieux et probe, sans ambition personnelle, mais imbu de la grandeur de sa charge, esclave de la raison d'État et sans passions, réaliste et doué d'un bon sens à toute épreuve. De décembre 69 (mort de VITELLIUS) à octobre 70 (arrivée de VESPASIEN), la direction des affaires fut confiée à MUCIEN qui s'en acquitta fort bien, malgré les difficultés que lui causèrent l'ambition d'ANTONIUS PRIMUS et l'arrogance du jeune DOMITIEN. Mais VESPASIEN veillait de loin et envoyait ses ordres. Il dut faire face à la révolte de CIVILIS (tentative de constitution d'une principauté barbare). Cette révolte fut matée à la fin 70. La guerre juive lui donna plus de difficultés. Interrompue durant l'année 69, elle reprit au printemps 70. C'est TITUS avec 4 légions, des auxiliaires et des contingents royaux alliés qui assiège Jérusalem, il prend la ville, la pille, la brûle et la détruit. Le dernier foyer de rébellion tombera en mai 73 (prise de la forteresse de Massada). Plus d'un million de juifs auraient péri dans cette guerre. VESPASIEN profitant de la lassitude des esprits et des progrès de l'idée dynastique dans les armées et les masses, en province surtout, il proclama d'emblée l'hérédité du principat en faveur de ses fils TITUS et DOMITIEN. TITUS est le principal collaborateur de VESPASIEN, et DOMITIEN dont il se méfie pourtant est promis au trône car TITUS n'a pas de fils. Le Sénat prisait en VESPASIEN l'esprit conservateur mais méprisait en lui le parvenu, et par dessus tout, ne pouvait accepter l'hérédité du principat. Malgré sa déférence et des preuves de bonne volonté, VESPASIEN gouvernait en maître absolu. Une opposition se forma, conduite par des sénateurs stoïciens mais VESPASIEN la musela. Il réussit à modifier profondément la composition de l'assemblée et de l'ordre sénatorial. VESPASIEN expulsa les indésirables que les troubles avaient introduits au Sénat (des fils d'affranchis) et fit une grande fournée de sénateurs qui furent choisis parmi les chevaliers, officiers et notables des cités de l'Italie et des provinces occidentales. Les finances publiques furent également restaurées et VESPASIEN laisse une réputation d'avarice. Certaines exemptions d'impôts furent supprimées, le tribut des provinces augmenté, et des villes libres perdirent leurs immunités. L'administration financière fut réorganisée de manière stricte. De ces nouvelles ressources VESPASIEN fit un usage pertinent. Le retour de la paix et de la sécurité des biens favorisait l'économie et l'Empereur se souciait de donner du travail au peuple. Il aida des sénateurs, récompensa des artistes, et célébra de fastueux triomphes. Il consacra bien d'avantage à la reconstruction des villes détruites par la guerre ou les tremblements de terre, à la restauration du Capitole, à l'érection de temples nouveaux, à son forum et au Colisée (amphithéâtre flavien). Les camps militaires sur le Rhin et le Danube furent reconstruits en pierres et on ouvrit de nombreuses routes stratégiques ou commerciales, en Asie mineure et en Afrique. VESPASIEN favorisa en Occident la romanisation et l'urbanisation. Il fonda des colonies en Europe centrale, en Gaule, en Italie, en Sardaigne et en Espagne. VESPASIEN meurt en 79 âgé de 70 ans.

 

TITUS FLAVIUS VESPASIANUS dit TITUS (né en 39, mort en 81). Empereur romain en 79. 1er fils de VESPASIEN dont il est le co-régent. Il arrive au pouvoir à l'âge de 39 ans, il est bon général. TITUS est plus avenant que VESPASIEN et désireux d'être aimé, mais il gouverna comme lui, avec le même despotisme paternaliste, et se garda bien de donner à DOMITIEN, qui le détestait , quelque place dans l'État. On ne sait ce qu'aurait été son règne s'il avait duré, car il se montrait plus réformateur : il donna aux soldats le droit de tester et sa dévotion pour Isis et Apis l'aurait peut être incité à une politique orientalisante. C'est l'Orient du reste qui lui témoigna le plus d'attachement .Sa prodigalité était excessive et TITUS laissa à sa mort le Trésor en difficulté. Il est vrai que son règne fut marqué par de nombreuses catastrophes, qui lui permirent de témoigner à tous cette attentive bienveillance qui a fait sa légende : éruption du Vésuve en août 79, qui détruisit Pompéi, Herculanum et Stabies, et en 80, grave incendie et épidémie de peste à Rome. TITUS eut cependant le temps de beaucoup dépenser en outre pour les constructions de routes, la restauration d'aqueducs, la mise en chantier de ses Thermes sur l'emplacement de la Maison dorée, et de l'Arc de la Voie sacrée qui porte son nom, à l'entrée du Forum. TITUS inaugura enfin avec des fêtes et des jeux splendides l'amphithéâtre Flavien (le Colisée) que son père avait commencé. TITUS mourut prématurément d'un mal inconnu , le 13 septembre 81, âgé de 42 ans, pleuré de tous sauf de son frère DOMITIEN impatient de régner.

 

TITUS FLAVIUS DOMITIANUS dit DOMITIEN (né en 51, mort en 96). Empereur romain en 81. 2eme fils de VESPASIEN. Il parvient au pouvoir à l'âge de 30 ans, ayant participé au pouvoir sous MUCIEN lors de la crise de 69, mais tenu à l'écart sous VESPASIEN et TITUS. Sa capacité était indiscutable, mais il était orgueilleux, violent, jalousement autoritaire et ces défauts augmentèrent avec l'exercice du pouvoir absolu. Salué Empereur sans difficultés par les prétoriens à la mort de TITUS, il fut investi très vite de tous les pouvoirs par le Sénat. Il s'appuyait sur l'armée dont il augmenta les soldes d'un quart. Pour l'essentiel son gouvernement ne différait guère de celui de VESPASIEN, avec une rigueur accrue, et la remise en vigueur de châtiments anciens. DOMITIEN était bon administrateur. L'ordre équestre vit grandir son importance. Les gouverneurs et les procurateurs furent surveillés et les abus réprimés. Il soutenu la viticulture en crise et s'acquit ainsi une popularité auprès des propriétaires italiens. Dans les provinces, l'annexion fut préférée à la politique augustéenne des États clients. Populaire en Italie, dans les armées, auprès des prétoriens, DOMITIEN rencontra à Rome une opposition sans merci. DOMITIEN commit l'erreur de s'aliéner les sénateurs. On lui reprocha surtout son autocratie, sa tendance à l'auto-déification, ses faveurs à l'armée et aux chevaliers, et par la suite sa cruauté, la loi de majesté et ses délateurs. L'opposition bientôt dangereuse pour sa vie rendit DOMITIEN impitoyable (exécutions, exiles, persécutions). En 89, le soulèvement du général SATURNINUS, commandant l'armée du Rhin, qui se fit proclamer Empereur à Mayence, avorta grâce à la fidélité des troupes de DOMITIEN. Il n'en mena pas moins une féroce répression. De plus en plus soupçonneux DOMITIEN s'attaqua y compris à ses proches. La terreur croissante eut sa fin logique : un complot fut organisé par les préfets du prétoire, des sénateurs et des chambellans, et DOMITIEN fut poignardé le 18 septembre 96, il était âgé de 45 ans. Les conjurés avaient prévu d'offrir l'Empire au vieux sénateur NERVA qui n'avait pas d'enfants.

 

 

 

LA DYNASTIE DES ANTONINS (96 à 192)

LE REGNE DES AFRICAINS ET DES SYRIENS (192 à 235)

LES EMPEREURS SOLDATS (235 à 284)

UN AUTRE ORDRE - LES TETRARCHIES (284 à 361)

VERS LA FIN DU MONDE ROMAIN ?

 

 

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