LE RÈGNE DES AFRICAINS ET DES SYRIENS (192 à 235) :

 

HELVIUS PERTINAX dit PERTINAX (né en 126, mort en 193). Empereur romain en 192. Deux des commanditaires de l'assassinat de COMMODE, à savoir ECLECTUS et LAETUS proposèrent le trône à PERTINAX. Ils le firent acclamer par les prétoriens, et le nouvel Empereur fit une donation de 3000 deniers aux soldats. PERTINAX fut accepté sans difficultés par le Sénat. Cette fois l'intrigue de cour et la corruption des prétoriens avaient fait le choix qui s'imposait : HELVIUS PERTINAX était un ligure, fils d'un affranchi devenu commerçant, il avait fait une brillante carrière dans l'armée, montrant sous MARC-AURELE d'éminentes qualités militaires et civiques qui lui ouvrirent la porte du Sénat. Sous COMMODE, il avait atteint le sommet du cursus, le consulat à 2 reprises, le proconsulat de l'Afrique et il se trouvait en 193 préfet de la Ville (tant la guerre était alors l'instrument d'une rapide promotion sociale). Comme VESPASIEN, à qui il ressemble par l'âge, les origines et la parcimonie, il voulut remettre de l'ordre dans l'État et les finances et sembla préoccupé par la crise économique. Mais il mécontenta LAETUS qui espérait le dominer et les prétoriens, dont il tardait à satisfaire les exigences. PERTINAX sera massacré par les prétoriens le 28 mars 193 après un règne de 87 jours, il était âgé de 67 ans. Le règne de PERTINAX laissa aux sénateurs d'assez bons souvenirs pour que son nom fût par la suite utilisé par la propagande des SEVERES. Mais cette mort ouvrait une période de guerre civile.

 

SALVIUS JULIANUS SEVERUS DIDIUS MARCUS dit DIDIUS JULIANUS (né en ?, mort en 193). Empereur romain en 193. Après l'exécution de PERTINAX, eurent lieu de sordides enchères auprès des prétoriens, qui en furent déconsidérés pour toujours, entre le préfet de la Ville SULPICIANUS, beau-père de PERTINAX, et le riche sénateur DIDIUS JULIANUS, qui offrit brusquement de porter la donation à 6250 deniers par tête, et DIDIUS JULIANUS fut acclamé Empereur. Mais le Sénat ne l'avait accepté qu'à contre-coeur, les provinces étaient lasses des intrigues de palais et les légions jalouses des prétoriens. Quelques jours après la mort de PERTINAX, les légions de Pannonie supérieure avaient proclamé leur chef SEPTIME SEVERE et bientôt rallié à sa cause les légions de Mésies et des Germanies. Pour ces troupes durement éprouvées depuis des années, c'était comme une récompense que de faire parvenir un de leurs grands chefs à l'Empire. Mais en même temps, les troupes de Syrie avaient proclamé PESCENNIUS NIGER et de même rallié à sa cause les légions de Palestine et d'Égypte. Comme avec AVIDIUS CASSIUS en 175, l'Orient marquait son désir de voir son influence reconnue à l'échelon le plus élevé. PESCENNIUS NIGER fut rapidement accepté et soutenu par les cités riches, Antioche en particulier, et même par des rois orientaux, ceux de Parthie, d'Arménie et par le prince indigène d'Hatra. A Rome même, des voix s'élevaient en la faveur de PESCENNIUS NIGER. Mais SEPTIME SEVERE était d'un caractère décidé et se trouvait le plus proche : il fit marcher ses troupes sur l'Italie du nord puis en direction de Rome, où DIDIUS JULIANUS ne pouvait guère compter que sur l'appui des prétoriens, amollis par leur vie facile et déconsidérés par leur avidité. SEPTIME SEVERE reçut plusieurs délégations et propositions diverses, se concilia par des promesses quelques sénateurs importants, et même des prétoriens, qui arrêtèrent pour lui plaire les 300 d'entre eux qui avaient trahi PERTINAX. Un fort soutien de petits groupes d'Africains lui facilitait la tâche. Rome lui ouvrit ses portes sans combats pendant que l'on chargeait un soldat d'aller tuer DIDIUS JULIANUS abandonné de tous, le 1er juin 193.

 

 

PESCENNIUS NIGER (né en ?, mort en 195). Empereur romain en 193. En même temps que SEPTIME SEVERE est acclamé par les légions de Pannonie supérieure, les troupes de Syrie avaient proclamé PESCENNIUS NIGER et de même rallié à sa cause les légions de Palestine et d'Égypte. Comme avec AVIDIUS CASSIUS en 175, l'Orient marquait son désir de voir son influence reconnue à l'échelon le plus élevé. PESCENNIUS NIGER fut rapidement accepté et soutenu par les cités riches, Antioche en particulier, et même par des rois orientaux, ceux de Parthie, d'Arménie et par le prince indigène d'Hatra. A Rome même, des voix s'élevaient en la faveur de PESCENNIUS NIGER. Suite à l'exécution de DIDIUS JULIANUS, le 1er juin 193, le Sénat s'empressa d'investir SEPTIME SEVERE et sur sa demande accorda l'apothéose à PERTINAX : la cérémonie fut somptueuse, le nouvel Empereur fit l'éloge de son prédécesseur. En même temps il licenciait les prétoriens et formait une nouvelle garde. Il avait eu l'habileté de conférer le titre de Caesar au général de l'armée de Bretagne CLODIUS ALBINUS afin de le dissuader de prendre le pouvoir dans son dos, car le plus urgent était alors de se débarrasser de PESCENNIUS NIGER. Il fallut pour cela une véritable guerre civile, marquée en 193-194 par le siège de Byzance, la victoire d'Issos et le sac d'Antioche, la capitale du vaincu, qui perdit son rang et fut placée sous l'autorité de sa rivale Laodicée. Les Parthes firent semblant de soutenir PESCENNIUS NIGER, et le tuèrent lorsqu'il se réfugia auprès d'eux. En décembre 195, Byzance capitula enfin.

 

CLODIUS ALBINUS (né en ?, mort en 197). Empereur romain en 193. SEPTIME SEVERE cherchant à se débarrasser en priorité de PESCENNIUS NIGER, il avait eu l'habileté de conférer le titre de Caesar au général de l'armée de Bretagne CLODIUS ALBINUS afin de le dissuader de prendre le pouvoir dans son dos. Or pendant que SEPTIME SEVERE s'occupait de PESCENNIUS NIGER, CLODIUS ALBINUS qui avait été longtemps abusé par les ruses de SEPTIME SEVERE, avait tenté sa chance à son tour. C'était lui aussi un africain d'Hadrumète, d'une famille sénatoriale, appelé par COMMODE au commandement de la Bretagne avec ses trois légions. Sa brillante carrière, sa culture et une certaine douceur de caractère lui valaient à Rome une réelle popularité, s'ajoutant à l'appui de petits groupes d'africains. En Gaule et en Espagne, il avait la faveur des régions les plus romanisées et des grands propriétaires de la noblesse gauloise. Contre lui les régions militaires et de petites propriétés, peuplées de vétérans. Il avait trop attendu la promotion suprême et CLODIUS ALBINUS pris la pourpre en janvier 196. SEPTIME SEVERE montre enfin ses vraies intentions lorsqu'il proclame Caesar son fils aîné BASSIANUS, en avril 196, sous le nom de MARCUS AURELIUS ANTONINUS dit CARACALLA. L'Empereur CLODIUS ALBINUS passe alors en Gaule et établit ses quartiers à Lugdunum (Lyon). SEPTIME SEVERE après avoir traversé les régions danubiennes, qui lui étaient très attachées, rencontre les troupes de CLODIUS ALBINUS au nord de Lugdunum, le 19 février 197. La bataille est difficile, les 2 chefs ne se montrèrent guère à leur avantage, mais finalement CLODIUS ALBINUS fut vaincu et se suicida. SEPTIME SEVERE fit exécuter nombre de ses partisans et opéra en Gaule et en Espagne d'importantes confiscations. A Rome même, il condamna à mort 29 sénateurs et fit régner la terreur.

 

LUCIUS SEPTIMUS SEVERUS dit SEPTIME SEVERE (né en 145, mort en 211). Empereur romain en 193. Il est africain de Lepcis Magna en Tripolitaine, d'une famille comprenant des chevaliers et de brillants sénateurs. Après de bonnes études, qui révélèrent ses goûts intellectuels pour la rhétorique, les arts libéraux, le droit et les sciences religieuses, il vint à Rome où il entra au Sénat. C'était un petit homme maigre, brun, frisé et très vif. En Syrie, il épouse en secondes noces JULIA DOMNA, fille du grand prêtre d'Emèse, noble et de caractère, débauchée mais ambitieuse, intelligente et cultivée. Elle aida beaucoup SEPTIME SEVERE dans sa carrière, fut comblée d'honneurs et rassembla autour d'elle une cour d'intellectuels, de savants, de philosophes et d'écrivains orientaux. Ses 2 fils CARACALLA et GETA avaient un terrible caractère que SEPTIME SEVERE supporta avec patience, mais inquiétude pour le futur. En 193, SEPTIME SEVERE est acclamé par les légions de Pannonie supérieure. Après s'être débarrassé de ses rivaux DIDIUS JULIANUS, PESCENNIUS NIGER et CLODIUS ALBINUS, ce qui se fit de 193 à 197, SEPTIME SEVERE fit régner la terreur à Rome et oblige le Sénat à réhabiliter la mémoire condamnée de COMMODE. L'Empereur se proclame le fils de MARC-AURELE et se crée une généalogie fictive jusqu'à NERVA. Une attaque des Parthes le contraignit à une 2eme campagne en Mésopotamie, plus brillante que la 1ere et qui le mena jusqu'à Ctésiphon. Il voyagea ensuite en Orient, visita l'Égypte, opéra diverses réformes, et ne revint à Rome qu'en 202. En 204, il y fit célébrer des jeux séculaires, puis réprima en 205 un complot de son préfet du prétoire PLAUTIANUS, beau-père de CARACALLA. En 208 il partit combattre en Bretagne, accompagné de ses 2 fils, CARACALLA, Auguste depuis 198 et GETA, Caesar en 198 qui devint Auguste en 209. Les fatigues de la campagne contre les Écossais, et les suites de sa maladie (la goutte) emportèrent SEPTIME SEVERE en 211 à York, l'Empereur était âgé de 65 ans. Ni SEPTIME SEVERE, ni ses descendants ne furent jamais désignés par le Sénat, mais par l'armée, mais dans tous les cas le Sénat entérine le choix des soldats. Tous les SEVERES, sauf le dernier, ont gouverné avec l'appui de l'armée et du peuple, représenté surtout par la plèbe romaine. Dorénavant, une légion (la IIeme Parthica) de 6000 soldats stationne aux portes de Rome, elle est destinée à surveiller la capitale mais aussi à accompagner l'Empereur lors de ses campagnes. Les prétoriens, dont le nombre est doublé (ils passent de 5000 hommes à 10 000 hommes qui sont choisis parmi les meilleurs des légions et plus spécialement des légions du Danube), ne sont plus des Italiens mais en majorité des Illyriens. L'Empereur commande ainsi directement une armée de 30 000 hommes (équivalent de 5 légions) répartis entre les cohortes prétoriennes (10 000 soldats d'élite et fidèles), la IIeme légion Parthica (6000 légionnaires), les cohortes de vigiles (7000 hommes), les cohortes urbaines (6000 hommes) et 1000 Equites singulares (cavalerie personnelle de l'Empereur). Le recrutement de toutes les troupes repose surtout sur la paysannerie des provinces les moins évoluées. Les cohortes auxiliaires et les ailes de cavalerie sont portées à 1000 hommes. Au numéri s'ajoutent des corps de symmachiari (alliés). La promotion sociale du soldat s'accélère sensiblement et le paysan illyrien voit s'ouvrir devant lui un avenir important. La nourriture de l'armée cesse d'être déduite de la solde grâce à l'annone (impôt qui assure l'entretien de l'armée). Les soldes des soldats sont fortement augmentées, les soldats ont le droit de vivre en dehors des camps en dehors des heures de services (ce qui permet le développement de villes frontalières), les sous-officiers ont le droit de faire partie de collégia auparavant réservés aux officiers, mais il semble que tout ceci contribuera à un certain relâchement de la discipline militaire. Aux dépens de la classe sénatoriale, SEPTIME SEVERE opère des confiscations massives. L'Empereur élimine ses adversaires physiquement ou socialement. Mais on observe aussi chez les SEVERES le désir de maintenir de grandes institutions comme le Sénat, les magistratures, le statut des provinces, le souci des beaux monuments et des bibliothèques, le recours aux juristes et aux civils dans l'administration de ce régime militaire. SEPTIME SEVERE qui a tant fait pour l'armée et la militarisation du régime, est avant tout un juriste et un administrateur, sans grandes qualités lors des batailles. Ses réformes attestent de son réalisme et de sa lucidité plutôt que de ses goûts personnels. Il est le 1er Empereur provincial. Trois facteurs l'ont principalement influencés : son pays natal l'Afrique, la Syrie pays de son épouse, et les armées du Danube qui le portent au pouvoir et firent sentir le poids de ces populations illyriennes, solides et patriotes. SEPTIME SEVERE n'aime pas les Romains et l'aristocratie sénatoriale et considère l'Italie comme une province semblable aux autres. L'Empereur et son entourage de militaires semblent sensibles au sort des pauvres et aux aspirations égalitaires d'un monde longtemps dominé par les conceptions élitistes des Empereurs. En fait les circonstances font que ces bonnes intentions se traduisirent par l'abaissement des riches et un nivellement par le bas plutôt que par une élévation réelle du niveau de vie des classes défavorisées.

 

MARCUS AURELIUS ANTONINUS dit CARACALLA (né en 188, mort en 217). Empereur romain en 211. CARACALLA devient Empereur sans difficultés à la mort de son père SEPTIME SEVERE en 211. Il ressemble à un gnome forcené, est court de taille, plutôt laid et débauché. Il a hésité à assassiner son père en Bretagne, dans sa fièvre de régner (il a 23 ans), et assassinera son frère GETA dans les bras de sa mère JULIA DOMNA en février 212. Malgré son chagrin, cette femme d'État plus que mère, continuera à lui donner ses conseils, qui ne furent guère suivis. CARACALLA est plein de vices, de cruauté, il fait exécuter et confisquer, il haït toutes les supériorités et à le goût pour les soldats indisciplinés et brutaux. Ce mégalomane maladif et complexé, prit pour modèle un prestigieux roi de l'Antiquité, Alexandre le Grand. Cette passion lui inspira le goût des soldats de grande taille et d'élite, ainsi que le désir d'avoir une politique extérieure brillante. CARACALLA obtint des résultats, notamment contre les germains, mais non sans leur verser parfois d'importants subsides. Sa politique intérieure ne diffère guère de celle de SEPTIME SEVERE avec des aspects plus égalitaires, et certaines préoccupations religieuses. CARACALLA fait paraître un Édit en 212 qui indique que tous les habitants de l'Empire sont devenus citoyens romains, tout en restant assujettis aux obligations et au droit de leur cité d'origine. Les seuls exclus sont les affranchis inférieurs (Sentiens et Juniens), les barbares installés sur les domaines impériaux ou privés de l'Empire, et tout étranger qui n'est pas rattaché à une cité. CARACALLA sera assassiné à l'instigation de son préfet du prétoire MACRIN, le 8 avril 217 en Mésopotamie lors d’une campagne contre les Parthes, il était âgé de 29 ans.

 

PUBLIUS SEPTIMIUS GETA dit GETA (né en 189, mort en 212). Empereur romain en 211. GETA né le 27 mai 189, était le fils de l'empereur SEPTIME SEVERE et le frère cadet de CARACALLA. Sur son lit de mort, SEPTIME SEVERE souhaita que ses fils se partagent le pouvoir et règnent ensemble, en bonne entente fraternelle. Or depuis leur naissance, les deux frères ne se supportaient pas. Tant que SEPTIME SEVERE fut là pour tenir ses deux enfants éloignés l'un de l'autre, il n'y eut pas trop de problème. Les choses commencèrent à se gâter quand SEPTIME SEVERE mourut. Puisque les soldats exigeaient que les volontés de l'empereur défunt fussent respectées et que les deux frères gouvernent conjointement, l'inéluctable affrontement put encore être légèrement retardé. Pour apaiser les inquiétudes des légions, GETA fut couronné empereur avec son frère aîné CARACALLA en 211, et les deux princes, apparemment unis, mirent un terme aux opérations militaires en Grande-Bretagne. La paix signée et l'armée démobilisée, la famille impériale au grand complet se retrouva, un an après la mort de SEPTIME SEVERE, dans son palais romain. Et c'est là en février 212, que CARACALLA choisit son moment pour assassiner son frère GETA, malgré les supplications de leur mère. Ce fratricide ne suffit pas et CARACALLA non content d'avoir tué son frère, fit exécuter sommairement tous ses amis, tous ses conseillers, toutes ses relations. Il supprima également des registres officiels toute référence au règne de GETA et fit marteler toutes les inscriptions où son nom figurait.

 

MARCUS OPELIUS MACRINUS dit MACRIN (né en 164, mort en 218). Empereur romain en 217. Après l'assassinat de CARACALLA, les soldats surpris et désespérés, car ils aimaient leur Empereur, ignorants de l'intrigue meurtrière du préfet du prétoire, choisirent sur le champ l'assassin MACRIN pour Empereur. Pour la 1ere fois un chevalier parvenait à l'Empire. MACRIN était Africain de Maurétanie Césarienne, peut-être un affranchi, d'origine obscure. Sa carrière est purement financière : avocat du fisc, intendant des biens de PLAUTIANUS, préfet des véhicules, procurateur, puis enfin préfet du prétoire en 212. Dénué d'ancêtres, il veut d'abord gagner le Sénat et lui adresse plusieurs lettres dans lesquelles il critique le principe d'hérédité et offre au Sénat de collaborer avec lui, lui promettant sécurité et liberté. Afin de détourner les soupçons, il fait diviniser CARACALLA, prend pour lui même le cognomen (surnom) de SEVERUS, confère à son fils DIADUMENIEN le cognomen d'ANTONINUS et le titre de Caesar. MACRIN traita JULIA DOMNA avec honneur, puis la renvoya à Emèse, où elle mourut rapidement, se laissant périr de faim, à la fois malade (cancer du sein) et désespérée. MACRIN s'empressa de conclure avec les Parthes, l'Arménie et les Daces menaçants, des accords de compromis sans gloire. L'Empereur vivait à Antioche, ville riche en plaisirs qu'il ne refusait pas, et n'eut pas le temps de revenir à Rome. MACRIN chercha à satisfaire tout le monde, réduisit le taux des impôts augmentés par CARACALLA, opéra quelques réformes administratives pour plaire au Sénat, renvoya l'entourage taré de CARACALLA, et fit au peuple des distributions de blé et d'argent. Mais on lui reprochait de favoriser des gens de basse extraction, promus aux plus hautes charges. MACRIN mécontenta l'armée qui méprisait ce civil, en se montrant strict sur la discipline et en voulant revenir sur des avantages de soldes accordés par CARACALLA. Mais en Syrie, à Emèse, s'était réfugié le restant de la famille SEVERE, la soeur de JULIA DOMNA qui s'appelait JULIA MOESA, ses 2 filles SOEMIAS et MAMMAEA, et les 2 cousins de CARACALLA, les derniers mâles de la dynastie, AVITUS BASSIANUS et ALEXIANUS. Ces princesses d'Emèse étaient très riches grâce aux biens du temple de leur famille, et intriguèrent contre MACRIN, soutenues par les soldats de la légion IIIeme Gallica, en garnison non loin de là. Le 15 mai 218, dans le camp de la IIIeme Gallica, AVITUS BASSIANUS âgé de 14 ans est proclamé Auguste sous le nom de MARCUS AURELIUS ANTONINUS dit ELAGABAL. L'Empereur MACRIN répond à cela en proclamant DIADUMENIEN Auguste, ce qui n'eut aucun effet, et marche alors contre les rebelles avec la IIIeme Parthica d'Apamée : le 8 juin 218, la bataille qui s'annonçait favorablement pour MACRIN est retournée par les princesses qui se jettent au milieu des soldats. MACRIN s'enfuit alors en Asie mineure ou il sera assassiné quelques semaines plus tard. Son fils DIADUMENIEN sera massacré en cherchant à gagner le pays des Parthes.

 

DIADUMENIEN (né en ?, mort en 218). Empereur romain en 218. Fils de MACRIN qui lui confère le cognomen d'ANTONINUS et le titre de Caesar en 218. Peu de temps après l'assassinat de MACRIN en Asie mineure, DIADUMENIEN s'enfuit vers le pays des Parthes où il se fera massacrer.

 

MARCUS AURELIUS ANTONINUS dit ELAGABAL (né en 204, mort en 222). Empereur romain en 218. Il est l'ainé des 2 cousins de CARACALLA. Au moment de son arrivée au pouvoir à l'âge de 14 ans, ELAGABAL était le grand prêtre du Baal solaire d'Emèse. ELAGABAL (nom qui lui vient de El Gabal qui veut dire le seigneur du Haut-Lieu) était adipeux, fardé, débauché comme le voulait le culte de son dieu. Il eut le tort d'introduire brutalement à Rome le culte de son Baal, sans le dépouiller de son clinquant oriental, or la période n'était pas propice à de telles extravagances. Dans la réalité des faits, son règne de 4 ans fut le règne de sa grand-mère JULIA MOESA qui est ambitieuse et capable, et de sa mère SOEMIAS qui est plus indolente. MOESA gouverna avec l'aide de son favori, COMAZON EUTYCHIANUS qui arriva à ses hautes charges de préfet du prétoire et de Consul en un temps record. Aux yeux d'un sénateur traditionaliste, la carrière de cet ancien esclave est révolutionnaire. Dans ces conditions, le christianisme n'eut pas à se plaindre des nouveaux dirigeants. Contre ELAGABAL perdu dans ses rêves mystiques, et son entourage s'unirent les sénateurs et chevaliers indignés, que les affranchis allaient supplanter une fois de plus. En 221, JULIA MOESA comprit le danger et fit adopter son second petit-fils ALEXIANUS (fils de JULIA MAMMAEA) alors âgé de 13 ans par ELAGABAL qui n'avait que 17 ans. ALEXIANUS devint Caesar sous le nom de MARCUS AURELIUS SEVERUS ALEXANDER dit SEVERE ALEXANDRE. Il recevait une éducation classique et excellente, et était tenu par une mère plus avisée et active que SOEMIAS. SEVERE ALEXANDRE supplanta rapidement son cousin auprès de la population écoeurée et des soldats. ELAGABAL comprit trop tard son erreur, et voulut faire assassiner SEVERE ALEXANDRE, mais les prétoriens se retournèrent contre lui et l'assassinèrent ainsi que sa mère le 13 mars 222, il était âgé de 18 ans.

 

MARCUS AURELIUS SEVERUS ALEXANDER dit SEVERE ALEXANDRE (né en 208, mort en 235). Empereur romain en 222. Il est le plus jeune des 2 cousins de CARACALLA. En 221, il est adopté par ELAGABAL et devient Caesar. Il reçoit une éducation classique et excellente, et est sous l'autorité de sa mère JULIA MAMMAEA qui est avisée et active. SEVERE ALEXANDRE est doux, cultivé, faible de caractère et nul dans le domaine militaire. Le début du règne est dominé par l'activité du grand juriste ULPIEN, originaire de Tyr en Phénicie, qui sera massacré par les prétoriens en 223. L'incapacité de l'Empereur est significative face à ces constantes révoltes des soldats, qui fut une plaie du règne et annonce l'anarchie militaire. SEVERE ALEXANDRE entreprend quelques réformes comme l'introduction des préfets du prétoire dans l'ordre sénatorial, la modification dans le recrutement des gouverneurs de province. Au point de vue religieux, SEVERE ALEXANDRE renvoya en Syrie, dès son arrivée au pouvoir la pierre sacrée chère à ELAGABAL, observa fidèlement les rites de la religion traditionnelle, et partagea les tendances syncrétistes (fusion des doctrines) de son époque. Le christianisme prit de l'ampleur. JULIA MAMMAEA fréquentait le prêtre romain Hippolyte et les chrétiens jouirent alors d'une tolérance presque officielle. Mais l'incapacité militaire de SEVERE ALEXANDRE le perdit : après une campagne médiocre et avortée contre les Perses, qui avaient remplacé en 227 les Parthes et se montraient plus dangereux, l'Empereur gagna les provinces rhénanes menacées par les Germains, et il déçut par des pourparlers sans gloire alors que les soldats étaient désireux de se battre. Le préfet des recrues CAIUS JULIUS VERUS MAXIMINUS, un athlète courageux et rendu populaire par sa force physique, est proclamé Empereur par les soldats, et SEVERE ALEXANDRE abandonné par ses gardes fut massacré avec sa mère JULIA MAMMAEA, le 18 mars 235, il était âgé de 27 ans.

 

 

LES EMPEREURS SOLDATS (235 à 284)

UN AUTRE ORDRE - LES TETRARCHIES (284 à 361)

VERS LA FIN DU MONDE ROMAIN ?

 

 

 

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